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Essayez d’imaginer le scénario suivant : Vous êtes en voiture avec votre enfant. Vous roulez trop vite et ne voyez pas la signalisation, donc avez un accident lors duquel votre enfant est gravement blessé. Les médecins font tout leur possible et vous disent qu’à moins d’une série d’opérations coûteuses, votre enfant aura un sérieux handicap. A ce moment là, ou bien vous : a) refusez de croire les docteurs, affirmant que votre fils ira bien sans les opérations, b) dîtes aux médecins que vous êtes prêt à payer pour sauver les yeux de votre enfant mais pas ses jambes car vous ne voulez donner que 5% de votre revenu, ou c) vendez votre maison, prenez un deuxième emploi et faites tout ce qu’il faut pour que votre enfant ait toutes les chances de vivre une vie normale ?
Difficile d’imaginer des parents qui choisiraient autre chose que l’option c). Mais quand il s’agit de climat, on retient surtout l’option b) avec une minorité importante qui opte pour l’option a).
Le changement climatique a bien lieu et les coûts humains sont élevés. Le Forum humanitaire mondial, créé par Kofi Annan, estime que chaque année, à cause des changements climatiques, 300 000 personnes meurent, 325 millions en sont profondément affectés et 125 milliards de dollars américains sont gaspillés. C’est une crise silencieuse, qui a le plus d’impact sur les plus pauvres qui en sont le moins responsables. L’augmentation de la température, par exemple, permet à des moustiques de se développer à une plus grande altitude, comme à Nairobi, apportant ainsi la malaria là où elle n’existait pas auparavant. La sécheresse et la désertification au Darfour ont pour conséquence des guerres autour des faibles ressources en nourriture et eau. Voir rapport (en anglais) >>
Un militant écologiste devant la réunion du Parlement des religions à Melbourne, Australie, 3-9 décembre (Photo: Mike Lowe)
La science des changements climatiques est connue depuis au moins 20 ans. En dépit des sceptiques, financés par des industries qui entretiennent savamment le doute, il est plus qu’évident pour chacun qui veut bien le voir, que l’activité humaine est responsable du réchauffement mondial. Et la conséquence d’un réchauffement non contrôlé sera coûteuse pour nos enfants et petits-enfants – les océans presque sans poissons, les grandes villes historiques côtières seront sous l’eau, la famine sera constante et étendue, accompagnée de guerres fréquentes quand l’humanité luttera pour accéder à la nourriture et à l’eau.
L’incapacité actuelle de la plupart des pays à envisager une guerre totale aux émissions de carbone pour le bien de nos enfants ne peut pas être uniquement attribuée au lobby féroce de l’industrie des matières premières fossiles. Le destin de la terre – avec sa beauté ancienne et mystérieuse – est négocié par des politiciens, dont beaucoup ne veulent rendre des comptes qu’à leurs électeurs et leurs donateurs financiers. C’est un jeu de poker, où chacun garde ses cartes pour lui, espérant que quelqu’un d’autre payera plus afin qu’il paye moins.
Il nous faut une nouvelle prise de conscience : nous faisons partie d’un réseau humain, qui dépend et est responsable de l’écosystème qu’est la planète terre. Les peuples indigènes ont bien compris cela. Cela fait partie de leurs gènes. Pour eux, l’idée que nous pouvons posséder, vendre et détruire des bouts de terre est incompréhensible. La terre ne nous appartient pas. C’est nous qui lui appartenons et nous avons la responsabilité de l’entretenir pour les autres et les générations à venir.
Nous devons reconnaître notre interdépendance et créer la confiance. À la place du jeu de poker, il nous faut un esprit de générosité et mettre toutes cartes sur table. L’humanité a assez de créativité et d’ingéniosité pour créer un monde qui fonctionne pour chacun et où les besoins primordiaux sont satisfaits, où le succès se mesure par notre manière de vivre et d’aimer plutôt que par qui nous sommes.
Quand nos enfants et petits-enfants regarderont en arrière vers ce carrefour crucial de l’histoire humaine, comment nous jugeront-ils ? Nous mépriseront-ils pour notre petitesse et notre égoïsme, où nous appelleront-ils, avec reconnaissance et affection « la plus grande génération » ?
>>> Voir www.iofc.org/climate-change (en anglais) pour plus d'informations
Traduction : Eliane Stallybrass
N.B : Des individus de toutes cultures, nationalités, religions et croyances sont impliqués et actifs avec Initiatives et Changement. Ce texte représente le point de vue de l’auteur, pas nécessairement de toute l’organisation Initiatives et Changement.