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(Photo: Joanna Margueritte)C’est depuis 5 ans que l’Association Internationale d’Initiatives et Changement a pris part aux travaux de la Conférence des Organisations internationales non gouvernementales (OING), une des instances consultatives du Conseil de l’Europe. Un point saillant de 2010 fut la commémoration en octobre du 60e anniversaire de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Il y a 50 ans, cette Convention fut complétée par la création de la Cour Européenne des Droits de l’homme, institution unique du genre qui est chargée de suivre l’application des normes de la Convention à travers le continent.
À l’occasion de cet anniversaire, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est rendu à Strasbourg, siège du Conseil et de la Cour. Il y a lancé un avertissement: « Les droits civils et politiques reculent… l’engagement en faveur du droit au développement social et économique manque de vigueur. Dans bien des pays développés, immigration et récession économique suscitent une anxiété croissante ; une anxiété qui, de plus en plus, sert de prétexte à des politiques de discrimination et d’exclusion. Et dans certaines parties du monde en développement, on crie au ‘deux poids, deux mesures’ : on affirme que les pays puissants ont beau prêcher les droits de l’homme quand cela les arrange, ils en font cependant fi dès que cela est à leur avantage.»
Le Secrétaire Général a souligné que: « L’indivisibilité est caractéristique des droits de l’homme qui ne peuvent pas êtres choisis à la carte : il n’est pas possible d'en retenir certains pour en écarter d'autres. »
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a également commémoré le 60e de la Convention. Un des membres rappela que la grande souffrance et les pertes tragiques des guerres en Europe étaient en quelque sorte à l’origine du concept de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Et il a posé la question si aujourd’hui les politiques auraient le courage de lancer des normes de telle ampleur ?
La montée de l’extrémisme dans plusieurs états membres du Conseil a d’ailleurs bien occupé l ’Assemblée récemment. Exemple une séance plénière avec la présentation des rapports de trois commissions traitant la situation des populations Roms - des «gens du voyage», qui sont devenues une des cibles de discours dits «sécuritaires». L’application des droits de l’homme reste une tâche ardue qui demandera des efforts de la part des pouvoirs judiciaires, d’individus courageux et de la société civile organisée.
La chaîne de télévision Suisse alémanique a réalisé un entretien avec le Professeur Luzius Wildhaber, président sortant de la Cour européenne des Droit de l’homme. Lors du 60e de ladite Convention on lui demandait: «Est-ce une raison de célébrer ? » Et Wildhaber répondit en souriant: « Oui, je le pense. Certes, le système connaît ses problèmes, autant que tout autre organisation, mais dans le contexte historique c’est un énorme succès. Cela n’existe nulle part ailleurs. Les individus doivent d’abord parcourir les systèmes judiciaires de leurs états, mais par la suite ils peuvent porter plainte contre leurs propres lois et gouvernements. Les jugements qui en résultent sont juridiquement contraignants, ce qui est unique au monde. Jusqu’à présent la Suisse y a aussi fidèlement collaboré. »
Par son engagement en faveur du rapprochement franco-allemand suite à la seconde guerre mondiale, puis sa contribution à la normalisation des relations germano nordiques, le centre de rencontres de Caux et le mouvement d’Initiatives et Changement ont été étroitement liés à l’émergence d’une nouvelle logique de relations entre les états et les individus.
Avec la chute du mur de Berlin, cette nouvelle logique a gagné de l’importance, étant donné que les limites, sinon les dangers d’un marché ultra libre sont devenus évidents.
La bonne gouvernance démocratique, l’état de droit et les droits de l’homme sont donc de plus en plus demandés ainsi que le sens mondialisé de la responsabilité basée sur l’intégrité personnelle.
En 2004 l’Association internationale Initiatives et Changement a obtenu le statut participatif auprès du Conseil de l’Europe en siégeant à sa Conférence des Organisations internationales non-gouvernementaux (OING). Le 25 juillet dernier j’ai eu le plaisir de présenter un bilan de nos activités des derniers six ans pour l’assemblée générale de l’Association, mentionnant entre autre la contribution à l’élaboration du «Livre blanc pour le dialogue inter culturel»(voir
http://www.coe.int/t/dg4/intercultural/default_FR.asp? ).
Ce Livre Blanc qui demande à ce que nous reparlions de la question de nos identités et nos appartenances et donne des études de cas concrets peut servir comme carnet de bord à une époque où les questions d’identité, d’intégration et de multiculturalité sont d’actualité.
Un autre champ d’action pour les représentant d’IofC International a été un programme commun sur la Convention cadre pour protéger les langues et cultures minoritaires. Un tel programme est en élaboration avec la Fédération de Russie. Nous avons été invités plusieurs fois à y contribuer grâce à l‘expérience accumulée à Caux et ailleurs dans les programmes d’Initiatives et Changement.
Pour mon collègue Michel Koechlin et moi-même c’est un honneur et une joie de pouvoir servir au Conseil de l’Europe de cette manière en tant que délégués d’Initiatives et Changement